Inde:
Varanasi
On s'attend à tout
en arrivant à Varanasi sauf à ce qu'on voit....
En effet, dès
notre arrivée, on est comme entraînés dans cette fièvre ambiante. Les
rues sont étroites et pour la majorité des ruelles en fait. La terre
battue ou la boue fait office de revêtement routier, à l'exception de
quelques plaques de carrelage inégales ça et là ou quelques kilos de
goudron mal répartis. Ces ruelles sont si étroites qu'en s'approchant du
Gange, même les rickshaws -fameux tout terrain- n'y ont pas accès. En
fait à part les pèlerins, seules les vaches sacrées se croisent dans les
rues et les singes qui sautent dans tous les coins! On trouve sans peine
le chemin des Ghats, la foule nous y mène... Sur le bord, l'activité est
intense. Chacun se presse pour se baigner dans les eaux du fleuve sacré.
Les saris aux couleurs chatoyantes se mêlent, les fleurs qui flottent sur
l'eau, les enfants qui jouent... Parfois, une bougie dans un panier de
fleurs: nous assistons à la cérémonie des pujas ou offrandes faites au
fleuve. La foule qui se presse sur les bord est joyeuse et appliquée.
Plusieurs font leurs ablutions, boivent l'eau du Gange. Pourtant vu de
plus près nombre d'entre nous hésiteraient même à y plonger le petit
doigt! Toute ces démonstrations pourtant et les milliers de bougies qui
se reflètent à sa surface alors que le soleil se couche, nous révèle
le Gange dans toute sa beauté.. mystique..
On continue
aujourd'hui à explorer les rives du fleuve et on ne s'en lasse pas! Chaque fois une découverte: marchands en tout genre qui proposent mille et
un chapelet, bracelets, fleurs et bougies..
On s'est levé à
l'aube pour profiter du lever du soleil sur le fleuve. A bord d'une petite
barque nous voilà partis. Le rameur a le visage buriné mais est très
souriant: il est sans âge. Il nous fait faire un grand tour au plus près
des rives, déjà les ghats sont pleins! Au loin on aperçoit celui de la
crémation: tas de bois et de paille dont les fumées s'élèvent.
Sur le chemin du
retour, on croise plusieurs vieillards, prostrés ou endormis à même le
sol. Ils paraissent plus démunis encore que la plupart des mendiants. On
apprendra en fait qu'ils sont là pour mourir auprès du Gange. Ainsi, ils
espèrent stopper le cycle de leurs réincarnations!... Une vie si
misérable qu'ils ne souhaitent à aucun prix devoir le supporter encore
même dans une autre vie... Leur présence contribue encore à la
dimension particulière de Varanasi... espoir et désespoir
mêlés...
Ce soir, on a
eu la chance d'assister à un mariage béni par les eaux du Gange: un vrai
cadeau! Un peu plus tard la cérémonie du Gange a eu
lieu. Les religieux remerciant le Gange et lui réclamant protection.
Chorégraphies avec jarres en feu, chants et danses. La foule est compacte
mais un grand sentiment de sérénité se dégage de cette réunion; et tout
le monde rentre chez soi tranquillement ensuite.
Bien entendu, on
aura le droit à l'inévitable panne de courant (plusieurs fois par jour
et la nuit): bizarre quand on est surpris dans une des ruelles en pleine
nuit. Se faire bousculer par une vache -aussi sacrée soit elle- dans le
noir le plus complet, ça fait drôle la première fois. On a
renoncé à se baigner dans le Gange mais de toute façon l'eau du bain
venait en droite ligne du fleuve (même si l'hôtelier ne le reconnaîtra
jamais) pour preuve les séances de démangeaisons après chaque
douche!
On s'est résolu à
partir, épuisés, troublés et ravis à la fois. Direction Darjeeling.
Ville
suite Darjeeling